La parole aux femmes du secteur technologique

Le 8 mars est la journée internationale des droits des femmes. L’occasion pour les femmes et les hommes du monde entier de s’engager en faveur de l'émancipation, de l'égalité des droits et de l'inclusion. Si ces points figurent en bonne place à l’ordre du jour des entreprises belges, dans certains secteurs, les femmes sont toujours sous-représentées.

Des statistiques récentes révèlent notamment que les femmes ingénieurs sont nettement moins nombreuses que les hommes. Chez nous aussi, il y a donc encore matière à militer. La plus puissante des armes pour mener ce combat est sans doute l'inspiration : le monde de la technologie a plus que jamais besoin de modèles féminins. Et en tant que centre d'innovation de l'industrie technologique en Belgique, Sirris est fier de compter ces modèles féminins en son sein.

De l’avis de Francine Schoumaker, responsable du laboratoire d'essais mécaniques chez Sirris et active dans le secteur depuis 30 ans, cette Journée internationale des droits des femmes est loin d’être une propagande inutile. « Notre société n'accorde toujours pas aux femmes la place qu’elles méritent dans le monde industriel et technique. C’est donc toujours un plaisir de rencontrer une jeune femme dans ce soi-disant métier d'homme ». Pourquoi ces emplois sont-ils considérés comme « masculins » ou pourquoi ne pourraient-ils pas convenir aux femmes ?

Les femmes ont bel et bien leur place dans le secteur technologique

« Étant curieuse de nature, je m’épanouis vraiment dans mes fonctions tech. Sans vouloir tomber dans la caricature, pourquoi le dépannage informatique ne serait-il pas à la portée d'une femme ? Pour moi, c'est une source d'inspiration, un défi intellectuel et je peux y libérer ma créativité », confie Elena Tsiporkova, l'une des InspiringFifty Deeptech 2022 et responsable du pôle de compétences données et IA chez Sirris (EluciDATA).

Sarah Klein, data scientist chez EluciDATA Sirris, confirme : « J'ai toujours aimé me poser la question ‘pourquoi’. Le fait de travailler dans le secteur de la technologie m'aide chaque jour à comprendre le monde qui m'entoure, les services à l’affût de mes données personnelles et ceux qui peuvent réellement résoudre mes problèmes. »

« Les possibilités de la technologie sont infinies, et nos missions sont donc très variées. Un jour, on s’occupe d'énergie, le lendemain d'industrie manufacturière. La technologie étant en constante évolution, on apprend en permanence », ajoute Caroline Mair, Customer Relationship and Project Management au sein du EluciDATA Lab de Sirris.

Özlem Ceyhan Yilmaz, Application Engineer au OWI-Lab de Sirris, renchérit : « Mon travail est intellectuellement stimulant et j'ai personnellement besoin de ça. C'est également très gratifiant de voir ma contribution reconnue dans un monde complexe. »

L'importance de la représentativité

Selon Elena Tsiporkova, la représentativité des femmes dans l’univers technologique est capitale. « Nous consommons tous et toutes de la technologie. Il est donc normal que nous participions à son développement. C’est la garantie qu’elle répondra à nos besoins et à nos attentes. »

Sarah Klein ajoute : « De nombreux produits liés aux données présentent encore des biais basés sur des préjugés : le genre, mais aussi l'âge, la nationalité, la religion, etc. Je suis convaincue que seuls la recherche et le développement par des équipes informatiques mixtes pourront effacer ces divergences. Une jeune femme est donc un élément indispensable dans une équipe. »

Setareh Gorji Ghalamestani, Project Engineer Metals, confirme : « La créativité et la façon de résoudre les problèmes sont propres à chaque individu. Tous les talents peuvent donc apporter une valeur ajoutée à la technologie, indépendamment de leur sexe. Nous devons ouvrir la voie à un secteur technologique qui donne une place à tous les talents. »

Francine Schoumaker de conclure : « Quand je me suis mise à la recherche de mon premier emploi dans le secteur de la technologie, la tâche s'est avérée ardue, non seulement à cause des préjugés, mais aussi parce que l'infrastructure n'était pas conçue pour les collègues féminines. On a réalisé des avancées, mais nous devons continuer à lutter contre la discrimination de genre dans le monde professionnel. Dans les profils tech, mais aussi dans la plomberie ou la boucherie. Ce n'est que quand ce changement de paradigme sera une réalité, que la Journée internationale des droits des femmes n'aura plus lieu d’être et qu'on créera la Journée internationale des droits de l'homme que nous aurons gagné la bataille. »

(Source visuels : https://www.pexels.com/@thisisengineering/)